“Il a été tué sous mes yeux” : Colette, 96 ans et candidate de The Voice 2025, se confie sur la mort de son frère
Ce samedi 22 février sur TF1, et pour la première fois dans l’histoire de The Voice, Colette Mansard, 96 ans, a passé les auditions à l’aveugle. Un record mondial ! Télé-Loisirs a pu s’entretenir avec la doyenne des candidats.
Une quatrième soirée d’auditions à l’aveugle pleine de surprises dans The Voice 2025. Ce samedi 22 février sur TF1, une nouvelle salve de talents va tenter de conquérir le cœur de Patricia Kaas, Zaz, Florent Pagny et Vianney, les quatre coachs de cette saison 14. Parmi les candidats, impossible de passer à côté de Colette Mansard, 96 ans, la doyenne du programme, en France comme à l’international ! “Ce petit bout de femme à l’énergie folle nous a tous retournés lors du casting”, se réjouissait Pascal Guix, le producteur artistique de l’émission. Malheureusement, aucun coach ne s’est retourné sur cette arrière-arrière-grand-mère Morbihannaise mais Patricia Kaas lui a donné une seconde chance. Pour Télé-Loisirs, elle revient sur son passage dans l’émission mais aussi sur sa vie jalonnée d’épreuves.
“J’ai vécu le plus beau jour de ma vie” : Colette (The Voice 2025) revient sur son audition à l’aveugle
Télé-Loisirs : Pourquoi avoir décidé de participer à The Voice à 96 ans ?
Colette : Je voulais réaliser un rêve car j’ai toujours chanté. C’est un ami qui m’a inscrite au casting. La production a tout de suite été emballée. J’ai vécu le plus beau jour de ma vie. C’est dingo de se lancer dans une telle aventure à mon âge ! [Elle rit.]
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Quel message souhaitez-vous faire passer ?
Qu’il ne faut jamais rien lâcher… Si vous avez ne serait-ce qu’une once de talent, n’ayez pas peur et foncez. C’est ce que je veux faire comprendre à mes petits-enfants et arrière-petits-enfants.
Qu’ont pensé vos proches de votre participation ?
Mes enfants m’ont dit : “Tu es un peu dingo, maman, mais on t’adore”. [Elle rit.] Ils étaient vraiment ravis pour moi et m’ont soutenue.
Connaissiez-vous les quatre coachs ?
Bien sûr. J’adore Vianney et Zaz. Cette fille a du courage car elle est partie de rien. Mais d’une manière générale, je ne raffole pas trop des artistes d’aujourd’hui ! Il n’y a plus vraiment de textes et c’est ce que j’aime justement.
“Une bombe a tout fait exploser” : Colette (The Voice 2025) évoque cette terrible tragédie qui a marqué son existence
D’où êtes-vous originaire ?
Je suis née en 1928 à Montmagny (Val-d’Oise), dans la maison du peintre Maurice Utrillo que mes parents avaient rachetée. On a d’ailleurs hérité d’un de ses tableaux qui était resté dans la demeure. C’était un bel héritage, mais mon père a fini par le vendre parce qu’il avait fait faillite avec son vin. Aujourd’hui, je suis près de Vanne, dans le Morbihan (Bretagne). Je vis toujours dans ma petite maison. Heureusement, je suis encore très indépendante pour mon âge. Je marche, je cours et je fais du sport tous les matins. Je fais tout ce que je peux faire pour rester en forme. J’étais très bonne en gymnastique plus jeune. Mes parents avaient envisagé que je fasse ça plutôt que de la musique.
Vous avez tout de même été la compositrice de Juliette Gréco, Sacha Distel ou encore Luis Mariano…
Oui et dans les années 1960, j’ai raté la chance de ma vie : Jacques Canetti, l’imprésario de Serge Gainsbourg qui a lancé beaucoup de carrières, m’avait proposé de chanter dans son cabaret. J’ai refusé par peur et timidité. Je ne comprends pas pourquoi, ce n’était pas du tout mon caractère. Je le regrette…
Qu’est-ce qui vous effrayait autant ?
Il faut savoir que j’avais un frère, Charles qui était champion de tennis. C’est lui qui aurait dû briller. Il avait 22 ans quand il a été tué sous mes yeux par les Allemands pendant l’Occupation. On l’a transporté à la maison avec ma mère pour l’allonger mais une bombe a tout fait exploser. Sur le chemin de l’hôpital, les secours ont cru j’étais finie, mais j’ai gémi pour leur prouver que j’étais toujours vivante. Après la mort de mon frère, je ne me suis jamais autorisée à réaliser mes rêves. Aujourd’hui, avec The Voice, je peux enfin me le permettre.
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En plus de composer pour les plus grands noms de la chanson française, aviez-vous une autre activité ?
Je suis une époque où l’on pensait que les filles étaient moins bien que les garçons. J’étais donc mère au foyer. Mon mari, Jean-François Mansard, est mort à 53 ans d’un cancer du larynx. Je suis restée seule et j’ai dû gagner ma vie très vite. J’ai trouvé un travail dans une grande librairie à Paris où je tenais le stand de disque. Je ne veux pas me vanter, mais ils ont fermé rapidement après mon départ. [Elle rit.]
Quels sont vos projets aujourd’hui ?
J’ai écrit une chanson, La Fureur de vivre, que mon petit-fils musicien m’aide à enregistrer. Ma fille, Emmanuelle, une ex-chanteuse lyrique, va même faire les chœurs. J’espère qu’une maison de disques sera intéressée…