“Surface” : Olivier Norek raconte ses doutes et son émotion face à Laura Smet dans l’adaptation de son roman sur France 2
Le 1er septembre 2025, les téléspectateurs de France 2 découvriront la série Surface, adaptation du roman éponyme d’Olivier Norek, ancien capitaine de police devenu écrivain à succès. Déjà disponible sur la plateforme France TV, cette mini-série en six épisodes produite par Quad Drama met en scène Laura Smet et Tomer Sisley dans les rôles principaux. Mais si l’auteur s’est impliqué de près dans le projet, il avoue avoir eu des doutes en découvrant le choix de Laura Smet pour incarner son héroïne. Un scepticisme rapidement dissipé lors du tournage, au point de transformer son regard sur l’actrice et sur sa propre histoire.
Une série née d’une histoire marquée par la violence
Surface n’est pas une fiction inventée de toutes pièces. Si l’intrigue repose sur des éléments romanesques, son point de départ est profondément ancré dans le réel. Olivier Norek, qui a passé des années au sein du SDPJ 93 (la section des enquêtes et recherches de la Seine-Saint-Denis), s’est inspiré d’un drame vécu par une collègue.
L’écrivain raconte :
« C’est l’histoire d’une jeune capitaine de police qui prend un coup de fusil en plein visage. Cette personne existe, elle s’appelle Babeth. »
Un soir, Babeth et ses collègues sont appelés en urgence. Une femme enceinte se ferait agresser au pied d’une cité. Pour ces policiers aguerris, le doute existe : à 4 heures du matin, une telle scène semble improbable. Tout indique un piège. Pourtant, comme le souligne Norek, même face à une probabilité infime que l’appel soit réel, les forces de l’ordre n’ont d’autre choix que d’intervenir.
Le piège se referme. Babeth revient défigurée sous les coups de barres de fer. Une agression d’une brutalité extrême, qui la marquera à vie.
De cette tragédie est née une amitié profonde entre l’écrivain et sa collègue. À travers elle, Norek a trouvé l’inspiration pour son héroïne : une femme brisée, contrainte de remonter à la surface malgré les séquelles physiques et psychologiques.
« Elle m’a raconté avoir entendu les os de son propre crâne se briser. Je lui ai dit que je souhaitais écrire un personnage inspiré d’elle. Elle m’a donné son accord. Quand elle a lu la première édition, elle m’a confié : ‘Je vais pouvoir l’offrir à mes proches car je n’avais pas trouvé les mots pour dire ce que j’avais vécu’. »
Olivier Norek et ses doutes sur Laura Smet
Lorsque l’adaptation télévisée se concrétise, Olivier Norek suit de près le projet. Et il tombe des nues en apprenant que le rôle principal, celui de Noémie, inspiré de Babeth, sera confié à Laura Smet.
L’écrivain ne le cache pas : sa première réaction fut négative.
« Quand j’ai appris le choix de Laura, je n’ai pas su quoi faire de cette information. Je suis venu sur le tournage pour un caméo (qui a été coupé au montage) et effectivement, lorsque je l’ai vue, ça n’allait pas du tout. »
Selon lui, l’actrice paraissait à mille lieues de l’image qu’il se faisait de son personnage. Trop grande, trop féline, trop sûre d’elle. Rien à voir avec l’idée d’une femme meurtrie et fragile qu’il avait imaginée et qu’il connaissait à travers Babeth.
Un tournant décisif dans un train
Pourtant, un instant précis va tout changer. Une scène tournée dans un train. Laura Smet entre dans le wagon, s’assoit face à Olivier Norek. L’écrivain raconte ce moment avec émotion :
« Je regarde sa blessure, et par son regard bleu glacier, elle me fait baisser les yeux. Métaphoriquement, ça signifiait que ce n’était plus mon histoire, mais la sienne. »
En une fraction de seconde, le doute s’efface. L’actrice n’est plus Laura Smet, fille de Johnny Hallyday, figure médiatique et mondaine. Elle est devenue Noémie, ce personnage brisé mais digne, l’héroïne du récit.
« Lorsqu’elle est entrée dans le wagon, c’était Noémie. Elle était affaissée, assise sur son ventre qu’elle n’a pas, avec un vieux sac pourri. Laura n’existait plus. Elle avait accompli un véritable travail d’appropriation du personnage. »
Ce basculement frappe l’auteur. L’écrivain qui craignait de ne pas retrouver l’esprit de son roman assiste, sous ses yeux, à la transformation de son héroïne.
Surface, une série entre douleur et résilience
La force de Surface tient autant à son intrigue qu’à son réalisme. Derrière la fiction se cache le vécu de femmes et d’hommes confrontés à la violence quotidienne du terrain policier. Le personnage de Noémie illustre ce mélange de traumatisme et de reconstruction, un thème cher à Olivier Norek.
Pour l’écrivain, il ne s’agissait pas seulement de raconter une enquête policière, mais de donner voix à celles et ceux dont la vie a basculé dans l’horreur. Noémie n’est pas une héroïne lisse. Elle est cabossée, fragile, mais incarne une incroyable force de résilience.
La présence de Tomer Sisley au casting, dans un rôle masculin central, ajoute une intensité dramatique. Habitué aux personnages complexes et charismatiques, l’acteur offre une complémentarité avec la vulnérabilité de Laura Smet.
Un projet intime devenu collectif
Ce qui frappe dans le récit d’Olivier Norek, c’est la façon dont son histoire personnelle a été réappropriée par d’autres. À travers Laura Smet, son héroïne échappe à son contrôle et devient celle de la comédienne, des réalisateurs, puis du public.
« Je trouvais intéressant que l’auteur baisse les yeux, qu’il valide. Ce n’était plus mon histoire. C’était devenu la sienne. »
Cette acceptation illustre ce qui fait la richesse d’une adaptation : la capacité à dépasser le matériau original pour créer une œuvre nouvelle, à la fois fidèle et réinventée.
Un enjeu de mémoire et de témoignage
Au-delà de la fiction, Surface rappelle la dure réalité de la fonction policière. Les drames vécus par Babeth et par tant d’autres agents ne sont pas seulement des anecdotes : ce sont des blessures physiques et psychologiques profondes, souvent invisibles aux yeux du grand public.
En mettant cette histoire à l’écran, Olivier Norek et l’équipe de la série contribuent à rendre hommage à ces destins brisés. Babeth, qui n’avait pas trouvé les mots pour raconter son histoire, peut désormais la transmettre autrement. Par le roman, puis par la série, son témoignage prend une dimension universelle.
Une attente forte pour la diffusion
La diffusion sur France 2 dès le 1er septembre 2025 s’annonce comme un moment fort de la rentrée télévisée. Avec ses six épisodes, Surface promet d’allier intensité dramatique et profondeur émotionnelle, à la croisée du polar et du drame humain.
Déjà accessible en avant-première sur la plateforme France TV, la série suscite curiosité et attentes. Les lecteurs du roman seront sans doute attentifs à la fidélité de l’adaptation, tandis que le grand public découvrira une histoire bouleversante, portée par deux acteurs en état de grâce.
Conclusion : la force d’une incarnation
De ses premiers doutes à son admiration finale, le témoignage d’Olivier Norek illustre la complexité d’une adaptation. Accepter qu’un acteur s’approprie un personnage inspiré d’une personne réelle, c’est lâcher prise. Pour lui, ce fut une expérience presque cathartique.
Laura Smet, qu’il jugeait trop éloignée du rôle, a su se transformer et l’émouvoir au point de lui faire “baisser les yeux”. Une métaphore puissante : l’auteur abandonne son histoire à une autre voix, à une autre chair.
Le 1er septembre, ce ne sera donc plus seulement le roman d’Olivier Norek ni le destin de Babeth. Ce sera Surface, une série où la douleur et la résilience trouvent une nouvelle incarnation, bouleversante et universelle.