Mémoire vive : une histoire qui change (et qui tranche) avec Clémentine Célarié, que vaut la série de M6 ?
À partir de ce mardi 18 février, à 21h10, M6 diffuse les 4 épisodes de Mémoire vive, une nouvelle fiction française écrite par Anne-Gaëlle Daval, Hélène Lombard, Maax Thuvertie et Laurent Burtin, et réalisée par le réalisateur chirurgical Arnaud Malherbe, connu et reconnu pour son travail sur Chefs ou Moloch. Et comme ces deux références, Mémoire vive devrait être une série aussi captivante qu’inhabituelle, dans son scénario autant que dans sa forme.
Pour cette mini-série, M6 a convoqué Clémentine Célarié, habituée du petit écran avec des apparitions parfois inégales. Mais on aurait tort de s’arrêter à ce casting plutôt convenu pour la télévision. L’actrice incarne Esther Lefèvre, une retraitée qui apprend qu’elle est atteinte d’un début d’Alzheimer. Un diagnostic qui fait paradoxalement remonter à la surface un terrible secret, enfoui au plus profond de sa mémoire lorsqu’elle était greffière au service d’un juge. Avant que la maladie ne la gagne complètement, Esther décide de rendre justice elle-même, de façon radicale.
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Extrayant d’anciennes archives une liste de noms, l’héroïne de Mémoire vive commence alors à éliminer une à une les personnes qui y figurent, se muant en une justicière aussi déterminée que maladroite. Pendant ce temps, Célia Le Goff, une jeune capitaine de police campée par Élisa Erka, va enquêter sur cette série de meurtres qui la mènera elle aussi à affronter les démons enfouis de son passé.
Une facette méconnue d’Alzheimer dans un scénario pas comme les autres
Avec cette histoire originale, Mémoire vive parvient brillamment à aborder des sujets graves avec un traitement décalé et émouvant. Le scénario explore avec intelligence les méandres de la maladie d’Alzheimer, capable d’effacer une mémoire des plus élémentaires et de faire ressurgir des souvenirs enfouis ou des capacités inespérées. A travers le parcours d’une serial killeuse pas comme les autres, tantôt combattante, mère imparfaite, grand-mère aimante ou amie protectrice, la série tient en haleine jusqu’au dénouement final.
Après une carrière déjà riche, Clémentine Célarié trouve peut être ici l’un de ses plus grands rôles (à la télévision en tout cas). Particulièrement bien dirigée, elle livre une interprétation bouleversante d’une femme perdant pied, mais bien décidée à aller au bout de sa vengeance, coûte que coûte.
Que disent les critiques sur Mémoire vive ?
Mémoire vive a déjà accumulé des critiques, le plus souvent positives malgré quelques avis plus mitigés. Le Parisien salue “une production [qui] fait preuve d’une audace revigorante dans le paysage télévisuel français”, le Figaro “un objet intrigant et, au final, séduisant” et l’Humanité une “série, en forme de polar, à la fois attachante, noire et surprenante [qui a] l’immense mérite, dans la noirceur de cette vengeance absolue, de traiter de la place des femmes dans une société pensée pour les hommes”.
Plus tempéré quoique positif, Télé Loisirs pointe tout de même une écriture qui “souffre de quelques facilités et raccourcis, essentiellement pour rendre l’intrigue plus efficace”. Plus sévère comme toujours, Télérama estime que “malgré Clémentine Célarié, ce thriller échoue à toucher”. La faute à “un scénario maladroit, qui échoue à émouvoir à force de trop en faire”, malgré “quelques rares embardées excentriques du réalisateur Arnaud Malherbe”.