Mort de Jean Pormanove : “Quand je paie quelqu’un pour faire du mal, j’appelle ça un tueur à gages”

Dans le brouhaha incessant des débats en ligne, il est parfois difficile de distinguer le ton de la substance. On peut se laisser impressionner par la force de la voix, l’assurance du ton, ou l’agressivité des propos, sans se rendre compte que derrière cette façade se cache parfois un vide abyssal.

Mort du streamer Jean Pormanove en direct : "Les responsables ce sont les  gens qui regardent"

Une vidéo récente, devenue virale, en est une illustration parfaite. Elle présente un homme qui, avec une passion et une colère palpables, défend un point de vue sur un sujet d’importance publique. Son discours est percutant, son langage corporel est catégorique, mais ses affirmations sont, à l’examen, dénuées de tout fondement. Elles sont le produit d’une méconnaissance totale du sujet qu’il prétend maîtriser.

Ce moment de confrontation, où la confiance se heurte à la réalité d’une ignorance flagrante, est un cas d’école de l’effet Dunning-Kruger, un phénomène psychologique qui fait des ravages dans le débat public. L’effet, identifié par les psychologues David Dunning et Justin Kruger, décrit ce paradoxe où les personnes les moins compétentes dans un domaine donné sont les plus susceptibles de surestimer leurs propres compétences. Dans le cas de l’homme de la vidéo, cette ignorance n’est pas passive ; elle est armée d’agressivité et de certitude. Il ne se contente pas d’avoir tort ; il a passionnément et bruyamment tort.

Ce qui est particulièrement alarmant dans cette manifestation de l’effet Dunning-Kruger, c’est son contexte. Alors que de précédentes illustrations de ce biais cognitif pouvaient prêter à sourire (comme une personne surestimant ses compétences en musique ou en bricolage), ici, le sujet est sérieux et a des conséquences réelles.

 

Le débat public est le moteur de nos démocraties. C’est dans ce cadre que sont prises les décisions qui affectent la vie de millions de personnes. Lorsque ce débat est envahi par une ignorance agressive, la qualité de la discussion s’effondre et la recherche de solutions saines devient presque impossible.

La vidéo nous révèle la vulnérabilité de notre propre esprit face à une telle rhétorique. Face à une personne qui parle avec tant d’aplomb, il est facile de douter de soi-même, même si l’on sait que ses arguments sont fallacieux. L’agressivité, dans ce contexte, ne sert pas à convaincre par la force des arguments, mais à intimider l’interlocuteur et l’auditoire pour masquer l’absence de faits.

Mort de Jean Pormanove : "Quand je paie quelqu'un pour faire du mal,  j'appelle ça un tueur à gages"

La colère devient une diversion, une mise en scène théâtrale pour cacher le vide conceptuel. La personne dans le clip n’est pas un cas isolé ; elle est l’archétype de ces voix qui polluent le débat public, remplaçant la connaissance par la conviction et la nuance par le dogme.

Ce phénomène est alimenté par l’écosystème numérique. Les algorithmes des réseaux sociaux privilégient les contenus qui génèrent de l’engagement, qu’il soit positif ou négatif. Les discussions animées, les scandales et les polémiques, même lorsqu’elles sont basées sur des informations erronées, sont favorisées.

 

Les voix les plus fortes et les plus passionnées, qu’elles aient tort ou raison, sont celles qui sont les plus visibles. L’expert nuancé, qui parle avec prudence et modération, se perd dans le bruit. L’ignorant confiant, qui délivre ses certitudes avec une assurance sans faille, est mis en lumière. Cette dynamique est dangereuse, car elle récompense l’ignorance et punit la connaissance.

Lutter contre cette ignorance agressive n’est pas chose aisée. Cela demande une prise de conscience collective et un effort individuel. Le premier pas est de reconnaître l’effet Dunning-Kruger non seulement chez les autres, mais aussi en soi-même. Nous sommes tous susceptibles de surestimer nos connaissances dans un domaine, et c’est cette humilité intellectuelle qui est la véritable arme contre l’ignorance agressive.

 

Reconnaître que nous ne savons pas tout, que nous pouvons nous tromper, est le point de départ d’un véritable apprentissage et d’une discussion constructive.

Ensuite, il est crucial de valoriser et de chercher la véritable expertise. Cela signifie faire l’effort de s’informer auprès de sources fiables, de lire des articles de fond, et de s’engager dans des discussions qui privilégient les faits à la ferveur. Il ne s’agit pas de rejeter toute opinion, mais de faire la distinction entre une opinion éclairée et une opinion vide.

HE DIES LIVE AT 46: THE SHOCKING STORY OF JEAN PORMANOVE - YouTube

La véritable expertise s’exprime souvent avec moins de certitudes, car elle est consciente de la complexité du monde. La prudence et la nuance ne sont pas des signes de faiblesse, mais des preuves de connaissance.

La vidéo, avec son mélange d’agressivité et d’ignorance, est un avertissement. Elle nous rappelle que le débat public est un espace fragile qui doit être protégé de ceux qui cherchent à le dominer par la force de leur assurance plutôt que par la validité de leurs idées. Pour préserver la santé de nos démocraties, nous devons collectivement choisir de récompenser la connaissance, la nuance et l’humilité, plutôt que l’ignorance, l’arrogance et la confiance aveugle. C’est une tâche difficile, mais elle est essentielle si nous voulons que le progrès et la raison l’emportent sur la colère et la confusion.

Related Posts

Our Privacy policy

https://abc24times.com - © 2025 News