Marie Trintignant : Son visage gonflé après les coups de Bertrand Cantat, les traces sur son corps… de nouveaux témoignages émergent
A bientôt 38 ans, Sandra Ratesson en a vu défiler des émissions de télévision, des animateurs et des candidats de télé-réalité. Membre de la génération Club Dorothée, elle a vu l’apparition mais aussi l’extinction de nombreux programmes.
La scène du rapprochement physique entre Loana et Jean-Edouard dans la piscine de Loft Story, elle l’a vu en direct grâce à un abonnement ADSL d’époque.
En 2003, Marie Trintignant est morte, rouée de coups par Bertrand Cantat. Dans le documentaire “De rockstar à tueur : le cas Cantat” visible sur Netflix, la nuit du drame est évoquée dans les détails, tout comme les blessures de l’actrice. Les témoignages sont puissants.
Marie Trintignant : Son visage gonflé après les coups de Bertrand Cantat, les traces sur son corps… de nouveaux témoignages émergent
Cela s’est passé il y a presque 22 ans mais l’affaire est encore dans toutes les têtes. Ce jeudi 27 mars 2025 sort sur Netflix le documentaire De rockstar à tueur : le cas Cantat.
Une mini-série qui revient sur la relation entre Bertrand Cantat et Marie Trintignant , actrice qui a perdu la vie en 2003 après avoir été rouée de coups par le chanteur.
Dans le premier épisode, l’enquête évoque la rencontre entre les deux stars, leurs rapports à Vilnius et la nuit du drame. Autre moment fort, la description du corps de mari à l’hôpital et le rapport du médecin légiste.
Le comportement de Cantat sur le tournage à Vilnius décrié
Comme on l’entend à travers de nombreux témoignages dans le documentaire, Bertrand Cantat était tout le temps présent sur le tournage de Colette, une femme libre à Vilnius.
Il y était arrivé en mai, elle est morte en août. Qu’un compagnon reste aussi longtemps sur un tournage n’est pas courant comme l’expliquent ceux qui témoignent dans le documentaire.
On le sent “possessif” et Nadine Trintignant, la mère de l’actrice, qui réalise le film – le fils de Marie, Romain Kolinka dont le père est Richard Kolinka du groupe Telephone et Vincent, le frère de Marie, sont aussi sur place – n’est pas contente de le voir là car chaque jour il monopolise une partie du temps de Marie qui doit travailler.
Et quand il n’est pas sur le plateau, il l’accable de SMS et d’appels. Sur les images dévoilées dans le premier épisode de la mini-série, on voit par exemple Lambert Wilson – qui tourne dans le film – dire à Marie de lâcher un peu son téléphone.
“Quand je suis arrivée à Vilnius ils avaient déjà tourné un bon mois et je vois qu’elle met son téléphone dans sa bottine, sur vibreur, pour ne pas louper un appel de Bertrand“, explique Lio, la meilleure amie de Marie Trintignant.
Et l’actrice n’hésitait pas à arrêter de tourner une scène pour répondre. La chanteuse décrit Cantat comme un homme “jaloux, possessif et exclusif“. “Déjà à Paris, j’ai vu ces prises totales du temps de Marie, du cerveau de Marie (…) Quand on prend rendez-vous, ça s’annule toujours“, poursuit-elle. Un sentiment partagé par Richard Kolinka qui témoigne également dans le documentaire : “Une fois je déjeunais avec Marie ce qui est normal, on a un fils en commun, et pendant qu’on était en train de déjeuner il l’appelle et elle me dit : ‘C’est dingue, il est incroyablement jaloux, il veut savoir où je suis et ce que je fais.'”
Et c’est justement cette jalousie qui a mené au drame. Un SMS de Samuel Benchetrit – “Appelle-moi quand tu peux, juste pour le film je t’embrasse ma petite Janis” – a été à l’origine du drame. “Il y avait une phrase que je qualifierais de tendre“, a déclaré Cantat lors des auditions à Vilnius.
Et de poursuivre : “Là j’ai ressenti un sentiment d’injustice entre la relation entre eux et moi, ce que je venais de vivre, comment je m’étais comporté et ce que j’avais dit à Krisztina [Krisztina Rády, la femme de Cantat et mère de ses deux enfants, ndlr].” Le rockeur explique que lui a tout quitté pour Marie, qu’il n’y avait pas d’équivoque amoureuse avec elle et du coup, il n’était pas d’accord avec ce SMS. Pour lui, la comédienne aurait dû aussi couper les ponts avec Samuel Benchetrit.
Andreus Leliuga qui a travaillé sur le tournage, se rappelle des dernières heures avant les coups portés à Marie Trintignant. Dans la soirée, un cocktail a été organisé pour la fin de tournage d’un acteur, Marie semblait stressée et il remarque qu’une dispute se déroule entre les amoureux.
Vers 22h, le couple se rend chez lui, on fume des joints, on boit de la vodka, le ton monte entre le chanteur et la comédienne, le leader de Noir Désir la prend par les épaules et la coince contre un mur. L’assistant réalisateur décide que tout le monde doit quitter l’appartement et il raccompagne le duo à son hôtel. Il est minuit.
Ce qui s’est passé ensuite, seul Cantat peut en témoigner car à ce moment-là, Marie est dans le coma. Lors des auditions, l’époux de Krisztina Rády reparle de nouveau de son sentiment d’injustice, il explique l’avoir questionnée encore sur ce SMS et lui avoir rappelé qu’il a coupé les ponts avec sa femme.
Marie Trintignant lui aurait répondu : ‘Va voir ta femme !’. Des mots répétés plusieurs fois, en criant. Elle l’aurait ensuite agrippé, frappé au visage et poussé en arrière. Lui, se met alors “dans une colère noire” lui donne des claques, “un aller-retour“. Il l’attrape ensuite pour la jeter sur le canapé mais comme il le dit il a “loupé son coup“, elle est tombée. La scène décrite est celle d’un accident. Mais l’autopsie n’arrivera pas à la même conclusion.
Richard Kolinka qui a vu la mère de son fils à l’hôpital explique avec émotion : “Elle est dans un sale état. On se dit ça n’arrive qu’aux autres mais cette fois c’était nous. Et je suis là en train d’essayer de comprendre, de voir des faits, ce qu’il s’est passé, je suis en plein cauchemar.”
Agnès Tassel, la maquilleuse de longue date et amie de Marie évoque elle un “visage très gonflé, de toutes les couleurs, violet, bleu…” des images qui la hantent encore aujourd’hui.
Bernard Marc qui a travaillé sur le corps de Marie Trintignant après sa mort, témoigne aussi dans le reportage. Il évoque des lésions au cuir chevelu et sur la face mais aussi une fracture ouverte du nez.
“Derrière le larynx, on retrouve des ecchymoses occasionnées possiblement par quelqu’un qui chevauche mais éventuellement une jambe au niveau du cou de la personne qui est dessus“, raconte-il.
Et de poursuivre : “A l’ouverture du crâne, on va voir que la violence a été extrême, les lésions sont trop nombreuses pour que ce soit une chute (…) C’est au moins une quinzaine ou une vingtaine de coups reçus qui sont extrêmement nombreux et qui n’ont pas été portés en quelques secondes, coups répétés de droite et de gauche.”